Ces dernières années, les évolutions technologiques en matière de capteur (fissuromètres) permettent de suivre préciément l’évolution et la dynamique des fissures. Cet article présente de manière rétrospective les différentes techniques utilisées dans le domaine de l’expertise assurantielle.
Le plâtre

Témoins en plâtre posés en 1997 sur une fissure.
Une technique très ancienne et encore utilisée à ce jour est la pose d’un témoin en plâtre sur les fissures d’un bâtiment.
Cette méthode basique permet de surveiller une fissure et de savoir si elle est active ou non, mais :
• Elle ne permet pas de suivre l’évolution de son ouverture ou de sa fermeture dans le temps.
• Elle peut se détruire facilement lors d’un mouvement entrainant la perte totale d’information sur la date du 1er événement.
• Il n’est pas possible de caractériser le type de déformation : s’agit-il de Retrait-Gonflement des Argiles (RGA) ? D’un glissement de terrain ?
Cette méthode n’a donc aucune utilité dans la compréhension et la résolution d’un sinistre.
La jauge plastique, dite Jauge Saugnac

Jauge Saugnac positionnée sur une fissure
La jauge fissuromètre plastique dite jauge Saugnac est une marque d’instrument de mesure permettant le suivi de l’ouverture et la fermeture d’une fissure. Semblable à un pied à coulisse, elle permet de mesurer manuellement la distance entre deux points de fixation.
L’écartement entre les deux points de fixation est de quatorze centimètres avec une plage de mesure de trois centimètres, ce qui limite son installation sur une seule fissure et impose d’avoir un mur avec un revêtement en bon état.
Il arrive souvent que la déformation d’un bâtiment se propage sur un réseau de fissures ou que le revêtement aux abords de cette zone soit altéré, rendant alors impossible l’installation d’une jauge Saugnac.
La mesure se fait par relevé visuel. Dans des conditions idéales, elle permet d’avoir une précision inframillimétrique. En pratique, plusieurs facteurs entraînent un biais de mesure :
• Le plastique se déforme et gondole sous l’effet du soleil.
• La colle ou le revêtement s’altère ou disparaît, entraînant la perte de points de fixation.
• L’opérateur fait une erreur de mesure (l’erreur est humaine).
• L’opérateur n’applique pas la même méthode de mesure : un va plaquer la jauge au mur, l’autre non, lors de la lecture visuelle.
Dans le cas d’une expertise judiciaire/assurantielle, le relevé doit être fait par l’expert ou une personne habilitée. Cela engendre des coûts non négligeables et une prise de rendez-vous avec les parties et les sinistrés, limitant généralement le nombre de mesure de une à trois par an.
Dans ces conditions, la fréquence des mesures n’est pas assez élevée pour caractériser le cycle d’ouverture et de fermeture d’une fissure causé par le RGA.
Le graphique ci-dessous représente les mesures réelles faites par notre fissuromètre GeoCrack (en pointillés gris) ainsi que deux exemples de relevés manuels à l’aide d’une jauge Saugnac.

Exemple de suivi de la dynamique d’une fissure pendant 1 an représentatif d’un cycle RGA
Le suivi réalisé par un fissuromètre automatique met en évidence, sans ambiguïté, le cycle d’ouverture et de fermeture permettant de caractériser une typologie de mouvement de terrain lié au RGA.
Les relevés manuels 1 de la fissure, notés par les croix oranges, réalisés le 01/01/2023, 24/08/2023 et 31/12/2023 montrent une absence totale de déformation.
Les relevés manuels 2 de la fissure, notés cette fois-ci par les croix vertes, réalisés le 01/04/2023, 01/08/2023 et 01/11/2023 montrent une ouverture continue de la fissure de 5mm en 7 mois.
À l’issue de ces deux séries de trois relevés ponctuels d’une fissure sur une année, il est impossible de caractériser le RGA comme facteur déterminant.
L’interprétation de ces mesures ponctuelles est même dangereuse car elles induisent en erreur le technicien, car contraire au phénomène physique réel.
Le fissuromètre GeoCrack

Fissuromètre connecté par Geosciences Survey
La société Geosciences Survey, en partenariat avec le CNRS, a conçu une méthode empirique permettant de diagnostiquer avec certitude le facteur déterminant des désordres observés sur un bâti.
Cette méthode s’appuie le développement d’un fissuromètre automatique connecté garantissant le suivi continu du cycle d’ouverture et de fermeture des fissures.
Le fissuromètre utilise des propriétés magnétiques, permettant de mesurer la distance entre 2 points avec une précision au 1/100ème de mm. Cette technologie sans contact est totalement imperméable. Elle permet une mesure fiable et robuste y compris dans des conditions climatiques extrêmes.
Le boîtier de numérisation et de transmission intègre une pile. Sa très faible consommation énergétique lui permet d’être autonome le temps du diagnostic, limitant les interventions à l’installation et la désintallation uniquement. Le boîtier est placé au plus près du capteur. Cela permet de faciliter son installation, d’être discret et de diminuer au maximum le bruit de mesure.
Les données sont transmises en continu par liaison sans fil. L’ensemble des acteurs : experts, assureurs et assurés peuvent suivre l’évolution des déformations en temps-réel sur notre plateforme de suivi en ligne STARGEO.